Get Adobe Flash player

Le Provençal

L‘influence romaine en Gaule commence au IIème siècle avant J.C. lorsque se fonde la « Provincia Romana » qui aura pour capitale « Narbonna » future Narbonne. Le monde gallo-romain se construit peu à peu et s’élargit après les conquêtes de Jules César aux environs de 50 av . J.C. Le latin est la langue de l’écrit et celle des Romains établis en Gaule. De la rencontre de ces derniers avec les populations locales naîtra une langue que les linguistes du XX ème siècle appelleront le  » gallo-roman « .

Vers le VIII ème siècle, deux grands groupes dialectiques gallo-romans se distinguent, le groupe des langues d’oïl et celui des langues d’oc, respectivement au Nord et au Sud de la Gaule. Des langues d’oïl un parler se détachera pour donner la langue française. Autour de l’an Mil, les langues d’oc passeront dans l’écrit supplantant le latin dans beaucoup de textes officiels. A cette époque apparaît aussi tout une littérature en langues d’oc richement élaborée par les troubadours. Au XII ème siècle, ces langues sont langue littéraire, juridique et administrative, et côtoient le latin dans les textes religieux et scientifiques. La graphie et la grammaire sont une adaptation du latin.

Après la défaite de Muret, en 1213, les rois capétiens étendent l’influence française sur tout le sud de la France. L’Edit de Villers-Cotteret en 1539 impose le français comme langue officielle. Les textes officiels vont être rédigés désormais dans cette langue ou encore en latin. Les langues d’oc disparaîssent de l’écrit mais demeure le parler de la moitié sud du royaume de France. Il faudra attendre le milieu du XIX ème siècle pour que les langues d’oc commencent à disparaître des grandes villes. Pour les campagnes et le peuple en général, on parle de  » patois « . L’école oeuvre aussi à l’extinction des parlers provinciaux et ce durant la troisième république et la majeure partie du XX ème siècle.

Le combat pour la survie des langues dites  » régionales  » commence pourtant au XIX ème siècle. Historiens et écrivains de diverses régions de France défendent avec vigueur les parlers de leur terroir ainsi que leurs usages et coutumes. C’est la grande époque des folkloristes qui vont réaliser de véritables travaux de fourmis pour recueillir dans les moindres détails ce qui fit l’âme et la richesse des cultures en France durant des siècles et qui disparaissent peu à peu. Citons parmi eux Félix Arnaudin pour les Landes et en Provence, Frédéric Mistral. Le XX ème siècle verra se succéder quantité de gens de lettres, linguistes, instituteurs etc. luttant pour la préservation et l’enseignement des langues régionales. Aujourd’hui en Provence, la langue provençale portée par de grands écrivains, par des mouvements actifs, et par l’attachement des provençaux, s’est maintenue.

Peu réécrite depuis le Moyen-Age, les langues d’oc subissent des modifications dans leur graphie au cours de leur renaissance. Le Félibrige et Frédéric Mistral adoptent une graphie à laquelle l’abbé Moustier (1831-1903) proposera une réforme. Déjà en Limousin, l’abbé Roux (1834-1905) publie sa  » grammaire limousine  » dans laquelle il reprend la graphie des troubadours. Au cours du XX ème siècle, les Ecoles et courants se multiplient dans toute l’aire des parlers d’o. Actuellement, deux graphies coexistent dans la littérature d’oc, la graphie dite  » mistralienne « , que nous utilisons dans nos cours de langue et la graphie inspirée des troubadours et des écrits médiévaux utilisée par l’Institut d’Etudes Occitanes.

Le provençal est une langue romane comme le français. Si l’essentiel de cette langue dérive du latin, des termes et éléments grammaticaux sont également empruntés au grec mais aussi très certainement à des langues d’origine pré-indo-européennes et celto-ligures parlées par les populations locales précédant l’arrivée de peuples méditerranéens au cours des siècles. Les résidus de ces langues peuvent s’observer essentiellement dans les noms propres mais aussi dans certains mots d’usage. En Provence, les noms de lieux aux suffixes en  » -asc  » ou  » -osc  » comme Manosque sont des mots ligures.

Le provençal compte quatre dialectes répartis géographiquement. Leur compréhension réciproque n’est pas entravée par des différences majeures si ce n’est principalement par des variantes dans la prononciation. On distingue le provençal rhodanien, parlé dans la vallée du Rhône et en Camargue, c’est la langue de Mistral et de ses compagnons ; le provençal maritime, parlé à Marseille ; le gavot, parler du Lubéron et des Alpes de Haute Provence, c’est celui des gens de la montagne ; le nissart, parler de la région de Nice. En Petite Camargue, on parle un provençal rhodanien largement teinté de bas-languedocien.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

Catégories