Get Adobe Flash player

Le Costume Feminin

Le costume arlésien rencontré lors de manifestations publiques, celui que nous portons le plus fréquemment, date de la seconde moitié du 19ème siècle. Le ruban remplace le bonnet vers 1850. Le costume quotidien « en cravate » ou « en banettes » est illustré par Mistral en 1859, avec la sortie de  » Mirèio « . La « chapelle » par contre aura sa forme parfaite vers 1880. Elle deviendra, avec le ruban, l’ornement premier de l’Arlésienne. Ce costume correspond à une esthétique féminine en vogue à la fin du 19ème siècle, ventre plat, croupe et poitrine généreuses, épaules larges, nuque dégagée et cheveux relevés. Notre costume féminin comprend, comme pour les hommes, une tenue pour les travaux quotidiens, une tenue de fête ou de dimanche, quotidienne pour les femmes de la bourgeoisie, une tenue de cérémonie.

Par ailleurs le costume féminin varie suivant les âges de la vie et accompagne les étapes de la féminité. Les saisons sont également marquées dans le costume. Outre les lainages davantage porté en hiver et les cotonnades en été, l’usage oblige de changer la couleur du fichu de l’Arlésienne en ruban suivant la saison. Ainsi les deux pélerinages annuels des Saintes Maries de la Mer marquent-ils le changement de fichu. Du 25 Mai au 22 Octobre, le fichu blanc, crème ou de couleur claire orne les  » chapelles « , il cède la place au fichu de couleur sombre ou noir, assorti au tissu plus épais de la jupe ou bien en velours, qui accompagne le costume tout au long de l’hiver du 22 Octobre au 25 Mai. Pour certains, le changement de fichu a lieu à Pâques et au 1er Novembre.

Le Costume de « Mireille » ou en « banettes »

C‘est sans doute l’un des plus connu, parce que médiatisé de longue date, depuis la sortie de la pièce de Frédéric Mistral,  » Mirèio « , en 1859. Lorsqu’elle atteint ses 10 ans, 12 ans, la fillette pose son petit bonnet ou béguin pour la coiffe en  » cravate  » et échange son petit corsage à lacets contre une  » eso  » et un fichu. Elle portera ce costume tous les jours de sa vie si elle est d’extraction modeste, ne lui préférant le ruban que le dimanche et lors des grandes occasions.

L‘Arlésienne en  » banettes  » ou  » cravate  » porte une jupe confectionnée dans un lainage, en hiver, dans une cotonnade aux gais imprimés, en été. La cretonne  » provençale  » convient bien pour ce type de jupe. La forme est ronde à plis pour l’adulte et arrive au moins à la cheville, alors qu’on préférera pour la fillette et la jeune fille, une jupe froncée sur les cotés et dans le dos un peu plus courte pour lui permettre l’aisance des mouvements.

 » l‘eso «  est le corsage type du costume de l’Arlésienne quelle que soit la saison et la circonstance. Seule l’étoffe varie. Il s’agit d’une sorte de casaque ouverte devant, assez longue pour couvrir les hanches. L’encolure est ronde et décolletée , légèrement échancrée dans le dos.  » L’eso  » est très cintrée et comporte une couture au milieu du dos. Un ruban fin, cousu à l’intérieur au niveau de cette couture et noué autour de la taille, permet de fixer  » l’eso  » et lui évite de remonter. Les manches, en deux parties, sont longues et étroites ouvertes aux poignets.

La  » chapelle «  : On appelle ainsi l’ensemble formé des fichus, de la guimpe et du plastron ou  » devant d’estomac  » qui se fixe sur  » l’eso  » par des épingles savamment placées et obéissant à des règles strictes. Chapelle ou  » capelo  » nous vient du Moyen Age où elle désignait l’ensemble de courtines encadrant l’autel dans les églises. Le mariage gracieux des dentelles et des drapés au milieu desquels brille souvent une croix d’or ou de pierres, est sans doute à l’origine de cette appellation. Dans la tenue quotidienne, la chapelle est réduite à sa plus simple expression mais n’en perd pas pour autant son charme séducteur. Le devant d’estomac est fait de percale fine, de mousseline ou d’un coton aux broderies ou dentelles très discrètes. Il s’agit d’un rectangle ou d’un trapèze couvrant  » l’eso  » de la base du décolleté à la taille. Le fichu est fait de la même étoffe. Il est toujours blanc quelle que soit la saison ou l’âge de la vie. Il s’agit d’un carré plié en deux dans la diagonale ou bien d’un triangle de 1.20m de coté quelle que soit la taille de la personne. Le fichu est plissé en cinq plis. Il est fixé au dos par une épingle centrale. Deux épingles fixent le 5ème pli aux épaules et deux autres, placées de chaque coté d’une bande en carton (8cm x 4cm) cachée dans le deuxième pli du fichu, forment le  » bénitier « , en dégageant la nuque. Les deux pans sont ramenés sur le buste. Trois plis sont fixés de chaque coté du  » devant d’estomac  » et à la ceinture de la jupe. Le quatrième pli est est laché et tombe au niveau de la poitrine. Le cinquième est à la pointe des épaules. Les bouts pendants du fichu se croisent harmonieusement pour former ce que l’on appelle  » la pelote « . Souvent arrangée au goût de chacune,  » la pelote  » ne doit jamais être trop grosse.

Les dessous : Les dessous de l’Arlésienne se composent d’un pantalon court en coton blanc, resserré au dessus du genou et terminé par un volant brodé ou non. Ce pantalon, plat devant, ouvert entre jambes était froncé derrière pour former un faux cul. Hiver comme été, les femmes portaient des bas de fil ou de soie dans le cas des costumes de fête, blancs la plupart du temps. Les jupons sont au nombre de deux ou trois, blancs ou de couleur, garnis de dentelles et de volants. Comme pour le pantalon le ventre et les cotés sont plats, derrière des fronces formées par un passant constituent le faux cul.

Le tablier : D’usage quotidien pour les fillettes, il est porté par les femmes lors des seuls travaux. Toujours en coton, il est noir ou de couleur harmonisée avec la jupe. Le tablier couvre le devant de la jupe et s’arrête à 20 cm avant le bas de cette dernière. Froncé, il s’attache dans le dos et comporte deux poches plaquées devant. Au 19ème, le tablier peut être un élément ornemental du costume mais n’en fait plus partie intégrante comme aux siècles précédents.

L’Arlesienne en Ruban

L‘Arlésienne en ruban porte une  » eso  » de même forme que pour le costume simple mais confectionnée dans des tissus plus précieux, soie, satins ou cotons de belle qualité, noir ou de la même étoffe que la jupe. La jupe : l’arlésienne en ruban a le choix, dans les dernières années du 19ème et de nos jours, entre deux formes de jupe confectionnée dans des tissus plus précieux que le costume simple.

La jupe ronde, plus ancienne, semblable à celle du costume en cravate. Deux pans cousus formant 3m à 3.50m de tour sont plissés de manière à former un panneau de devant, trois à cinq plis latéraux et à l’arrière, les deux derniers couvrant une partie froncée formant le faux cul. Des tissus légers conviennent mieux à cette forme de jupe.

La jupe en forme est plus récente. Elle comprend un panneau devant qui part en s’évasant depuis la taille et deux panneaux en biais latéraux se rejoignant derrière par trois petits plis plats sur chaque pan, de manière à donner du volume seulement à l’arrière, toujours dans le souci de la même esthétique de la cambrure marquée et du faux cul.

La chapelle est ici constituée d’un devant d’estomac, ouvrage sur lequel sont cousus plusieurs rangs de dentelles ; d’une guimpe, pièce en forme de U de même dentelle ou feston que le devant d’estomac. Elle se place autour du cou. Le milieu est attaché à  » l’eso  » et ornera majestueusement le  » bénitier « . Les deux pans s’épinglent sur le devant d’estomac de manière à ne laisser voir qu’un triangle étroit de dentelle. La chapelle de l’arlésienne en ruban est complétée par un fichu de propreté. Il s’agit d’un simple carré de gaze, tulle, tarlatane ou mousseline bien amidonnée, de 1.20m de coté et plié en deux dans la diagonale. Ce fichu très raide est plissée entièrement puis deux épingles placées chacune à 4cm du milieu forment le  » bénitier  » renforcé par un carton de 4x8cm, caché dans le deuxième pli. Le fichu de propreté est épinglé sur  » l’eso  » dans le dos, sous le  » bénitier  » puis les deux pans rabattus devant sont fixés à la taille. Trois plis visibles longent le bord de la guimpe. Le fichu est la pièce principale de cette chapelle. Les jours de fête, les fichus rivalisent de beauté et d’élégance. C’est souvent au fichu que, même de nos jours, on voit la richesse du costume. Avec le ruban, c’est l’ornement le plus précieux. Comme dans le cas du costume simple, il s’agit d’un carré ou d’un triangle de 1.20m de coté plissé de cinq plis de profondeur égale. Il peut être de même tissu que la jupe, orné de broderies, de galons ou de dentelles. Il est aussi très souvent blanc en mousseline, tulle ouvragé, organdi brodé toujours amidonné pour donner de la tenue à l’ensemble. Le fichu est placé sur le fichu de propreté le couvrant juste pour lui laisser trois plis visibles du bord de la guimpe. Il est fixé au dos par trois belles épingles visibles. Deux autres épingles encadrent le  » bénitier « . En tout cinq épingles sont règlementaires dans le dos. Devant, le fichu est épinglé de façon à laisser, là aussi, trois plis de la  » gazo  » visibles. Devant les épingles ne doivent pas se voir. A la taille, le fichu est terminé par la  » peloto « , arrangement étroit et grâcieux des deux pans du fichu.

Le Costume en Ganses

C’est le costume de grande cérémonie ou celui de la mariée. Il s’apparente au costume en ruban avec quelques variantes. La jupe en forme comprend une traine. Les tissus sont toujours des tissus précieux comme la soie.  » L’eso  » est obligatoirement assortie à la jupe. Les manches sont ornées de dentelles. La chapelle est semblable à celle de l’Arlésienne en ruban mais le fichu de dessus est remplacé par une pèlerine, pièce triangulaire comprenant une encoche en forme de U pour épouser le décoché du  » bénitier « . Il s’agit d’un morceau de tulle sur lequel sont cousus plusieurs rangs de dentelles souples froncées. Dans le costume de la mariée porté avec les ganses, la pèlerine est blanche ou crème. Les pèlerines noires sont portées avec le ruban non avec les ganses.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

Catégories