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Histoire du costume

Les formes et les éléments du costume d’Arles et de la Camargue que nous portons lors de nos fêtes et manifestations publiques ou privées remontent à des périodes diverses. Dans l’ensemble, il est largement emprunté au costume citadin et bourgeois passé dans le peuple au cours des âges et des changements de mode.

Le costume d’Arles, comme la plupart des costumes provinciaux, semble vouloir se fixer autour du règne de Louis XV. Au 19ème siècle les costumes des villes auront tendance à se calquer sur la mode parisienne, surtout dans les classes aisées de la population. En cela la Bretagne et Arles feront exception. En Arles et sa région qui nous occupent, le costume évolue tout en gardant sa spécificité. Durant tout le 19ème, ce costume s’adaptera aux modes et aux usages des temps et ne sera touché par l’uniformisation massive des vêtements qu’après la première guerre mondiale de 1914-1918, ainsi qu’il en sera de tout le pays.

Après cette époque, le port quotidien du costume d’Arles ira s’amenuisant pour se réduire aujourd’hui aux fêtes et aux grandes occasions. Dans beaucoup de familles, des éléments précieux de ce costume se transmettent encore de mères en filles, ainsi qu’un véritable patrimoine familial. Ainsi le temps n’aura pu reléguer dentelles et soieries des arlésiennes dans de simples déguisements de grenier. Loin de figer les formes dans un passéisme désuet, l’élégance du costume d’Arles révèle toute la féminité. Le fameux  » port de reine  » que confèrent les fichus de dentelle ont acquis désormais une renommée qui dépasse nos frontières. Nous portons ce costume en Petite Camargue pour des raisons d’unité culturelle avec la Camargue et le pays d’Arles, depuis des temps reculés.

Le costume masculin au XVIIIème siècle

Au 18ème siècle, le costume masculin provençal semble peu différent du reste de la France. Le vêtement bourgeois et celui du peuple pour les dimanches se compose d’une culotte ample et courte, de guêtres ou de bas, d’un gilet s’arrêtant à la ceinture et par dessus, une sorte de jaquette resserrée à la taille et se prolongeant par deux basques.

Après la Révolution, la culotte perdurera un temps dans les campagnes pour être peu à peu supplantée par le pantalon ample. Les hommes se coiffaient alors du tricorne ou du chapeau rond à larges bords, relevé à l’arrière. La coiffure de travail était le chapeau de paille ou le bonnet à bout pendant.

Le costume Féminin au XVIIIème siècle

Les récits de voyage que nous retenons du 18ème siècle tendent tous à montrer que le costume féminin était semblable dans toutes les régions de France à quelques variantes près. Comme le costume masculin, le vêtement féminin survit dans ses grandes lignes à la Révolution puis à la vague d’uniformisation qui s’en suivit tout au long du 19ème, dans toutes les villes de France où l’on se référait à la mode de Paris.

Au 18ème, le costume d’Arles se porte aussi à Beaucaire et en Terre d’Argence à l’Ouest ; jusqu’aux Alpilles et au golfe de Fos, à l’Est. Il se caractérise par ses couleurs vives rendues par les célèbres indiennes, inspirées des tissus d’Orient, importés au 17ème par la Compagnie des Indes Orientales. Au 18ème, la femme du peuple, paysanne ou artisanne, portait le  » droulet  » ou casaquin à quatre basques, sorte de veste très ouverte par devant et à manches assez courtes s’arrêtant aux coudes. Le « droulet  » était fait de serge noire ou de bure, il se portait avec des souliers plats. Le casaquin, par contre, était confectionné de taffetas ou d’indienne très colorés. Ses manches étaient un peu plus longues et on le portait avec des chaussures à talons. Il convenait aux femmes de la bourgeoisie. Le  » droulet « , comme le casaquin, couvrait une jupe très ample de burat rouge en hiver, d’indienne vive en été. Il recouvrait d’autres jupons du même genre en cotonnade ou boutis et s’arrêtait aux mollets. On rajoutait par dessus la jupe des poches montées sur un galon dont on ceignait taille. Le  » droulet  » s’accompagnait d’une coiffe de mousseline couvrant toute la chevelure et encadrant le visage, complétée par le chapeau à larges bords dit à la  » bérigoulo « . Le corsage du 18ème est le  » cors « ,  » pièce  » ou  » pourtello  » de forme conique, raidi par des baleines. De drap en hiver, on le préférait de coton en été. Les plus riches en ont fait le support de leur créativité et de leur élégance en les confectionnant dans du satin, du damas brodé d’or parfois, dans tous les cas richement décorés et chatoyants. Le décolleté était large aussi les artisanes se couvraient- elles les épaules d’un fichu d’indienne ou d’un mouchoir fin appelé  » la moudesto « . D’autres choisissaient un grand fichu croisé sur la poitrine. Il était plus riche et d’étoffes plus nobles comme le crêpe de Chine très coloré ou le pisé. Certaines portaient  » la palatine « , sorte d’étole à trois rangs de dentelles brodé de couleurs vives. Cette  » palatine  » entourait le cou et retombait en se croisant sur la poitrine. Des proches filatures de soie de Nîmes ou de Lodève, on faisait venir des bas de soie. Les souliers étaient recouverts d’étoffes précieuses, satin blanc, damas broché, brocart, soie, velours, décorés de boucles et strass. Le sabot était réservé au travail. L’hiver les femmes se couvraient d’une longue pélerine à capuchon bordée d’un volant fait de petits plis tuyautés. Après la Révolution : La tendance est à se conformer à la mode parisienne. Le  » cors  » est abandonné. Si le  » droulet  » se raccourci, la jupe s’allonge. Le  » cors  » fait place à un justaucorps à manches étroites et longues appelé  » pierrot  » ou  » caraco « , il est l’ancêtre de « l’eso » que nous portons. Fait de satin noir ou de velours de couleur, il a des manches bouffantes aux épaules sous Charles X qui s’ouvrent au coude ou en  » pagode  » sous Napoléon III, époque à laquelle il s’accorde avec une jupe très élargie aux hanches qui s’apparente à la crinoline. Les femmes se couvrent du châle coloré, plissé harmonieusement et croisé sur le devant et dont les extrémités sont rentrées dans la jupe. Ces châles de cachemire frangés ou non, sont souvent de couleur vives et gais ou bien noir. Ils se terminent en pointe dans le dos. On trouve aussi, sous la Restauration, la pélerine de dentelle et le fichu, qui persiste et se plisse savamment, prédisant la future  » chapelle « .

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